La Collection du musée des Beaux-Arts de Dunkerque

La collection du musée des Beaux-Arts de Dunkerque rassemble plus de 24 000 œuvres et objets remarquables et surprend par son éclectisme :

  • un important ensemble de peintures flamandes, hollandaises, françaises et italiennes du XVIème au XIXème siècle,
  • un fonds de plus de 10 000 spécimens d’histoire naturelle évoquant l’histoire des sciences et de la connaissance du monde naturel,
  • de nombreuses pièces d’arts décoratifs et d’archéologie, dont une rare momie recouverte de feuilles d’or,
  • une collection précieuse retraçant l’histoire de la ville, l’évolution du territoire et de la Flandre maritime, d’histoire locale et régionale,  une collection de peintures, d’orfèvreries, de céramiques, de coquillages
  • plus de 3 000 objets venus de tous les continents d’Afrique, des Amériques, d’Asie et d’Océanie…

©Musées de Dunkerque

  

L’Histoire du Musée des Beaux-arts de Dunkerque

Dans la continuité des voyages scientifiques et de la philosophie des Lumières du XVIIIe siècle, la France voit émerger sous la Révolution des musées encyclopédiques à vocation pédagogique et accessibles à tous.

En 1829, la municipalité de Dunkerque appelle à la « générosité des amateurs, naturalistes et autres » pour initier une première collection composée d’animaux naturalisés et d’objets divers. En 1838, un « musée communal » est créé à l’initiative du député Benjamin Morel ainsi qu’une commission chargée de « l’enregistrement des dons », personnalité influente. Les saisies révolutionnaires du district sont transmis par la Sous-Préfecture, soit plus de cent tableaux essentiellement flamands. Toujours en 1838, le maire François Gourdin sollicite les capitaines au long cours afin qu’ils rapportent des Colonies étrangères des « objets exotiques ». Marins, négociants, érudits et habitants ainsi que militaires et administrateurs coloniaux procèdent à des dons et envois d’Afrique, d’Amérique ou d’Asie. 

Le 27 juin 1841, le nouveau musée est inauguré dans une portion du Palais de Justice. Son fonds exceptionnel de peintures mais aussi d’objets océaniens, d’archéologie antique, de numismatique et sa collection d’histoire naturelle lui donnent d’emblée un caractère universel.  Le musée achète et se voit offrir des peintures d’Europe du Nord, des œuvres de l’église Saint-Eloi, des pièces et médailles, des spécimens d’histoire naturelle, des maquettes de bateaux, des outils et d’instruments de navigation, ...

En 1860, au décès de Benjamin Morel, la ville acquiert sa propriété et y construit en 1877 le « Musée-bibliothèque ». Les collections ne cessent de s’étoffer avec les dons des négociants Théodore et Alphonse Bray (1850-1882), les legs « Coffyn » (1887) et « Joffroy » (1898). L’État soutient le musée depuis son origine et envoie régulièrement des dépôts jusque dans les années 1970 : parmi les plus marquants Le Port de Dunkerque d’Eugène Isabey en 1933 et la momie dorée provenant du site égyptien Antinoé en 1906. En 1911, le musée connaît quelques aménagements et reçoit son dernier legs important avant les années 1980, un ensemble d’objets asiatiques par Sophie Angellier-Beck, fille d’un armateur dunkerquois. 

Lors des deux guerres mondiales, les collections sont en grande partie évacuées. Bombardé en mai 1940, le bâtiment est détruit ainsi que certaines collections repliées dans l’hôtel de ville. En 1955, un lieu d’exposition provisoire est aménagé dans la bibliothèque. Le 15 octobre 1973, le musée ouvre ses portes dans un tout nouveau bâtiment sur l’ancien site Morel.

Vers un musée du XXIe siècle ?

Depuis 1994, le musée des beaux-arts et le LAAC sont gérés par une équipe unique.

En 2015, la Ville de Dunkerque s’engage dans une réflexion sur la redynamisation et l’attractivité de son offre culturelle. Les grandes orientations dessinent de nouvelles perspectives de travail pour les musées dunkerquois. La collection du musée des beaux-arts de Dunkerque est valorisée grâce aux évènements Destination Musée qui propose des expositions en partenariats avec des institutions culturelles d’ampleur en France et à l’étranger. Aujourd’hui, les prémices d’un projet d’envergure se dessinent.

Le musée poursuit une politique active de conservation et de valorisation de ses fonds. Le Projet scientifique et culturel du musée, conçu par Sophie Warlop, a été validé par le conseil municipal de Dunkerque en 2020 et approuvé par l’État en avril 2021. Le présent PSC esquisse les concepts qui guideront la création de ce futur équipement qui doit dire et montrer la circulation des idées et l’histoire d’un territoire ouvert sur le monde, profondément marqué par sa situation de ville frontière. Les collections du futur musée seront exposées dans un parcours protéiforme composé d’une succession d’espaces thématiques où les objets seront remis en contexte au regard de leur histoire et de leur lien avec le territoire.

Une philosophie propre au projet : celle d’un musée bienveillant qui place les publics au cœur de sa réflexion.

Au-delà de la dimension scientifique du musée, soutenue par des dispositifs de médiation innovants qui viseront à rendre accessible les collections, c’est l’ensemble du musée qui doit être un lieu où il fait bon vivre. Dès l’entrée le visiteur doit se sentir accueilli, désiré. À ce titre les aménagements des espaces du musée devront intégrer, de son architecture globale jusqu’au moindre détail du mobilier, cette philosophie d’ouverture. Le musée, outil de conservation et de valorisation des collections, participant du rayonnement du territoire, deviendra ainsi également un facteur de consolidation du lien social. 

Fin 2021, les musées de Dunkerque ont initié une étude de programmation qui suit actuellement son cours.